Comme tant de femmes artistes, l'histoire officielle a oublié Marie-Renée Chevallier-Kervern (1902-1987), et c'est tout le mérite de ce petit ouvrage que de remettre son œuvre en lumière.
Formée aux Arts déco à Paris, son œuvre de gravures et huiles sur toile démarre avant-guerre, à Brest où son mari est architecte municipal. Elle se lie à Max Jacob et surtout à Marguerite Sérusier. Après la guerre, alors que ses amis Jean Deyrolle, figure majeure de l'Abstraction Lyrique, et le grand critique Charles Estienne sont liés à la Bretagne mais basés à Paris, elle reste à Brest pour enseigner à l’école des Beaux-Arts.
Elle produit gouaches, faïences, papiers collés, ardoises gravées qui l'éloignent peu à peu de la figuration, ainsi que d'étonnantes étoffes cousues. Ce petit livre réunit une quarantaine de ses œuvres, introduites et présentées par une spécialiste. Il est aussi l'occasion d'un hommage à René Le Bihan (1937-2025), qui du vivant de l'artiste l'avait mise à l'honneur alors qu'il était directeur du musée des Beaux-Arts de Brest.